Perdu sur une île au large de la mer de Chine, où je me suis
réfugié à l’ombre d’une petite grotte, je me sens seul, je me sens bien
et empli d’une joie téméraire. Celle qui connecte mes sens à la Terre.
Quoi de plus vrai, brut, gouteux que la nature. Qui vous parle mieux
qu’elle quand le vent rafraichit votre humeur, que le bois absorbe vos
doutes pour expirer l’air pur que vous respirez. Quant au regard, cette
porte ouverte sur ce monde qui s’offre à vous, il s’étonne,
s’émerveille. Puisque les brimades et autres épreuves vexatoires imposés
par les murs construits par l’Homme ne s’interposent plus entre lui et
l’immensité terrestre. Ce repos sur une île est en quelque sorte
l’occasion d’accroitre l’acuité de la vue du cœur sur les infinis
possibles de votre existence. Les pieds terrés dans un sable d’une douce
tiédeur, les remous salés de la mer bercent mes pupilles et me laissent
entrevoir la possibilité d’une naïve communion entre mes émotions
et
les éléments.
Comme ça, naturellement. C’est l’apaisement. Cet
apaisement auquel tout le monde a droit puisque chaque cœur dispose de
sa propre source de quiétude. Les oreilles jouissent d’un silence menant
les cœurs d’une bulle sereine à l’autre. Les idées positives se
succèdent, l’âme est au repos et le cœur repère et replace le vrai dans
le vrai. Le faux dans la fosse au faux.
Aucune publicité à
l’horizon. Aucune trace de sollicitations commerciales. Point de colère.
Point de courses folles. Point de vérités travesties. Elles ne sont pas
admises au royaume des éléments originels.
La quiétude et la
créativité de l’enfance remontent en selle. Face à vous, par des allers
retours sur leurs destriers, elles repeignent votre portrait d'enfant à
l’horizon. Pour le porter à nouveau à vos yeux. Vous rappelant ainsi que
vous ne devriez pas oublier. Ne pas oublier que l’innocence n’est
jamais forcément perdue et l’espoir du bonheur jamais forcément vain.
Que la culpabilité et la peur ne sont pas maîtres de vos vies, car la
beauté de la réalité originelle est la promesse avérée d'une source de
pardon intarissable.
Nous nous devons d’essayer, d’affronter en
toute honnêteté et de réessayer jusqu’à se rendre compte de l’immense
potentiel qui nous anime. C’est une confession de la quiétude que je
vous livre là. Ces petits êtres doués d’une magie qu’aucune science n’a
comprise à ce jour sont bien plus. Plus et il n’y a pas de discussion à
avoir sur la limite de ce comparatif. Car vous êtes plus que ce qu'on
veut bien vous faire croire. Et il n’est pas là question de poésie,
puisque l’origine de la Vie, la vôtre, est (et demeurera à mon humble
avis) le plus grand mystère scientifique encore irrésolu à ce jour.
Si vous Le voyez au loin, vous demandant de donner plus sur la voie de
la Grandeur. Faites le. Si vous décelez Son visage dessiné par de
malicieux nuages, alors promettez Lui d’essayer. Encore et encore. Tout
ce que nous pouvons faire, c’est essayer. Essayer d’être à la hauteur de
Ses attentes bienveillantes en se promettant d’y arriver.
Nous sommes libres de modeler le bonheur et la paix.
Qu’attendons nous ?
Le bon par le bon, Le bien par le bien. Point d’inversement.
© Carnet de safars
Maz EL Arabi